1- Histoire du Mali

Le Mali, ou le Soudan selon les auteurs et les époques, apparaît à l’écrit à travers quelques évocations des historiens arabes dès le VIIIème siècle. A cette époque la région est dominée par l’empire du Ghana qui décline au XIème siècle.

Sont mieux connus les empires qui se sont succédés sur cette terre :

l’Empire du Mali, ou Empire du Mandé, à la frontière de l’actuel Mali et de la Guinée, caractérisé par :

la lutte (XIIIème) entre le prince mandingue Soundiata Keita et l’usurpateur Soumaoro, roi du Sosso. La victoire de Soundiata est racontée dans de multiples sagas.

Le voyage à La Mecque d’un de ses successeurs, Mansa Moussa (XIVème) qui dépensa tellement d’or lors de son passage en Egypte que le cours de ce minerai s’effondra au Moyen-Orient et en Europe.

La Charte du Mandé ou du Manden (XIIIème), aux multiples versions, dans laquelle on peut voir une première déclaration des droits de l’homme et c’est en ce sens qu’elle est reconnue par l’UNESCO. Pour certains, c’est au contraire une mise en forme non modifiable des inégalités entre les différentes couches sociales.

En tout état de cause la prospérité de l’Empire mandingue reposait sur le commerce transsaharien de l’or et des esclaves.

l’Empire du Songhaï précipita la décadence du Mandé lorsqu’il s’empara des bases de départ de ce commerce (XVème). Venu de la région de Gao il s’étendit en remontant le cours du Niger. Atteignant son apogée sous le règne d’Ali-le-Grand, puis de Mohamed Touré (1493-1529). Très pieux, ce dernier favorisa l’implantation de l’Islam chez les dirigeants. Il reçut le titre de calife du Soudan. Il étendit son autorité sur la partie nord de l’empire du Mali et jusqu’au Sénégal. Mais il ne parvint pas à soumettre les Touaregs au Nord et les Haoussa à l’Est.
L’empire du Songhaï fut renversé au XVIIème siècle par le Sultan du Maroc, Ahmed ed-Déhébi qui convoitait le sel du Niger et l’or mandingue. Après la conquête de la boucle du Niger, il mit en place des pachas dont l’influence alla en déclinant hors des villes de Gao et de Tombouctou.

Au XVIIIème siècle, l’actuel Mali, est partagé en plusieurs royaumes dont les plus importants sont :
– Le Royaume Bambara autour de Ségou.
Le Royaume Peul du Macina entre Mopti et Tombouctou

L’Empire théocratique Toucouleur d’Oumar Tall, venu du Sénégal, qui supplante peu à peu les deux autres mais finit par être renversé par la population des pays conquis, lassée de sa dictature et de son intransigeance.

Au XIXème siècle, avec le déclin de l’Empire Toucouleur survient une période de guerres entre chefs locaux. Le plus célèbre fut l’Almami Samory Touré fondateur de l’Empire éphémère (1878-1898) du Wassoulou aux confins du Mali, de la Guinée et de la Côte d’Ivoire actuelle. Sa rivalité avec le roi du Kénédougou, Babemba Traoré, est exploitée par les coloniaux français qui prennent Sikasso, capitale du Kénédougou, le 1er mai 1898 et capturent Samory cinq mois plus tard.
Dès le début du XXème siècle, le Mali fait donc partie de l‘Afrique Occidentale Française sous le nom de « Haut-Sénégal et Niger », puis de « Soudan français« , en 1921.

Au moment de l’Indépendance, le Soudan et le Sénégal forment très provisoirement une fédération du Mali (1959-1960) qui ne résiste pas aux ambitions respectives du Sénégalais Léopold Senghor et du Soudanais Modibo Keita. Les deux pays gardent le même drapeau (à une étoile près), mais c’est l’ancien Soudan qui garde le nom de Mali, en souvenir de celui de Soundiata Keita 7 siècles auparavant.

Modibo Keita dirige son pays avec fermeté et se rapproche des pays socialistes. Il impose une collectivisation partielle des terres agricoles, fonde une compagnie nationale d’import-export qui est en situation de monopole. La dissolution de l’Assemblée Nationale non remplacée, l’opposition des commerçants, un début de rébellion touarègue, tous vivement réprimés, fait monter le mécontentement qui débouche sur un coup d’état en 1968.

Il est remplacé par le colonel Moussa Traoré, tout aussi autoritaire. Ce dernier suscite particulièrement l’opposition des enseignants, des étudiants et des lycéens. Il privilégie une agriculture de rente pour rétablir l’équilibre de la balance commerciale mais cette politique se fait au détriment de la production vivrière. En 1974, 2/5 du cheptel est mort et 38 % de la population est sinistrée.

Moussa Traoré est renversé en 1991 par un autre militaire, Amadou Toumani Touré (dit ATT), qui réalise la transition démocratique en organisant des élections et qui s’efface en 1992 devant le premier président démocratiquement élu : Alpha Oumar Konaré.

La principale réussite de Konaré sera une décentralisation réelle de la vie locale et régionale des Maliens. Mais la vie politique reste secouée par une contestation permanente du processus électoral et il sera réélu en 1997 d’autant plus facilement que la quasi-totalité de l’opposition boycotte les élections. En 2002 il est remplacé, par ATT avec 64 % des voix, réélu en 2007. ATT ouvre son pays à de nouveaux partenaires en particulier à la Chine.

La rébellion touarègue, appuyée par les islamistes, s’empare de plusieurs garnisons dans le Nord du Pays. Une partie de l’armée critique la conduite de ce conflit par le pouvoir et en mars 2012, ATT est renversé par une junte dirigée par le capitaine Amadou Haya Sanogo. Profitant du désordre, les rebelles touarègues déferlent vers le Sud. Ils ne sont arrêtés, à 400 km de Bamako que par l’intervention française de l’opération Serval en janvier 2013.

Le gouvernement provisoire dirigé par le président de l’Assemblée nationale Diocunda Traoré dure jusqu’en août 2013, date de l’élection d’Ibrahim Boubacar Keita, lui-même réélu en 2018.

2 – Le Mali physique

Le Mali est un immense pays enclavé, de plus de 1,2 millions de kilomètres carrés, soit plus de deux fois la superficie de la France.
L’ensemble est peu élevé, le point culminant se situant à 1155 mètres.

La moitié Nord est occupée par le désert saharien, dominé par une continuation du Hoggar, l’Adrar des Ifoghas. La moitié Sud se compose de plusieurs plateaux (plateau mandingue, plateau de Koutiala) légèrement inclinés qui se terminent en falaises, la plus connue étant celle de Bandiagara, face au Burkina.
Entre ces deux ensembles coule le Niger qui prend sa source au sud Ouest, en Guinée, et traverse le Mali en courant vers l’Est. Le Sénégal prend sa source juste à côté mais s’écoule vers le Nord-Ouest. Ces deux fleuves ont une importance primordiale pour toute la région.

Le climat du Mali comprend, du Nord vers le Sud, trois grandes zones :

  •  la zone désertique, très chaude et très sèche, aux pluies rares (<127 mm

  •  la zone sahélienne ou semi-désertique au centre, caractérisé par une saison de pluies d’une durée de 4 mois (entre 127 et 300 mm de pluie),

  •  la zone soudanienne ou tropicale (>300 mm et jusqu’à 1400 mm).

La végétation suit le même schéma. On voit se succéder toujours du Nord au Sud, le désert, la steppe, la savane et la forêt.

Le cours des deux fleuves, bien que situés en grande partie dans la zone sahélienne, vient rompre cette évolution régulière, car bénéficiant d’une irrigation importante, leurs rives sont plus fertiles. En particulier entre Mopti et Tombouctou, le Niger se divise en un grand nombre de défluents, le delta intérieur, exploités en riziculture par l’Office du Niger.

3 – Population du Mali

Le Mali compte 14,5 millions d’habitants ce qui semble peu pour un pays si vaste. En fait, cette population est concentrée sur un tiers du territoire. Le taux de pauvreté recule ces dernières années, mais reste un des plus élevés du monde (supérieur à 40 %). Ce taux est plus élevé en milieu rural.

L’accroissement de la population est important : 3,6 % par an, ce qui revient à dire qu’il double sa population tous les vingt ans.
Au début du XXIème siècle, la majorité de la population était rurale. En dehors de Bamako, il n’y avait pas de villes importantes il y a 20 ans. Mais la population de villes est passée de moins de 30 % en 2000 à près de 50 % aujourd’hui. Bamako, comptait 100 000 habitants en 1960 et près de 4 millions aujourd’hui. Ce phénomène, initialement causé par la recherche d’une vie meilleure et quelques années de maigres récoltes a été brutalement amplifié par la guerre civile de 2012-2013. Or ces villes, Bamako, Sikasso, Mopti, Koutiala, Kayes et Ségou (dans l’ordre de taille) ne sont pas équipées pour cet afflux de population. De nombreux quartiers déstructurés se forment donc dans ces villes.

L’appartenance ethnique n’est pas un tabou au Mali. Chacun connaît ses origines et souvent les revendique. Mais il n’existe aucune discrimination en dehors du traditionnel « cousinage à plaisanterie ». Les principales ethnies sont, au Sud, les Bambaras, les Bobos, les Malinkés, les Salinkés, les Sénoufos, les Bozos, les Peuls, les Dogons. Au Nord on trouve des populations arabo-berbères, les Touaregs et les Maures, et des populations métissées, Songhaïs et Bellas.

4 – Le Mali économique

Le Mali a un sous-sol potentiellement riche, mais dans la pratique, seul l’or mandingue est exploité. Il s’agit là de la première source d’exportation, même si les Maliens ne bénéficient pas toujours directement de cette richesse. On pense qu’il existe des ressources en produits pétroliers, en uranium, en lithium, en pierres précieuses (grenat), mais l’insécurité qui règne toujours dans le Nord du Pays ne favorise pas la recherche.

La deuxième source d’exportation est le coton. La transformation et la commercialisation sont centralisées par une société d’économie mixte, la CMDT (Compagnie malienne pour le développement du textile), mais la production est répartie entre 175000 petits exploitants familiaux. Ce sont souvent les mêmes agriculteurs qui sont à l’origine de la troisième exportation du Mali : le bétail bovin et ovin.

En revanche l’agriculture vivrière et en premier lieu le riz, suffit à peine à la consommation nationale. Il n’est donc pas exporté.

Le Mali importe du carburant, des médicaments, du ciment, des produits manufacturés et un petit peu de produits alimentaires.

La balance commerciale est ordinairement déficitaire.

La croissance est soutenue, mais ne suffit pas à compenser l’augmentation de la population.

La grande majorité des Maliens travaille dans l’agriculture (75 %). Le chômage est évalué aux alentours de 9 %. Il est plus fort chez les femmes que chez les hommes et particulièrement élevé pour les jeunes.


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